Une huile d’olive vierge extra peut-elle contenir des résidus de pesticides ?
Une récente étude menée par l’Université de Jaén apporte des éléments de réponse.
Les chercheurs ont analysé différentes huiles d’olive produites en Espagne ainsi que des huiles commercialisées sur le marché.
Quelques chiffres clés
- 11 substances actives ont été identifiées.
- Aucun résidu de glyphosate n’a été détecté dans les huiles analysées.
- Un seul dépassement des limites réglementaires européennes a été observé.
- Les huiles vierges extra premium étudiées ne présentaient aucun résidu détectable.
Pourquoi certains pesticides se retrouvent-ils dans l’huile ?
La réponse tient souvent à leur lipophilie, c’est-à-dire leur capacité à se dissoudre dans les matières grasses.
Plus une molécule est lipophile, plus elle a de chances de passer de l’olive vers l’huile lors de l’extraction.
À l’inverse, les molécules hydrophiles, qui préfèrent l’eau aux matières grasses, ont beaucoup moins tendance à s’accumuler dans l’huile.
Un résultat surprenant
Les chercheurs ont retrouvé de l’oxyfluorfène dans certaines huiles alors qu’aucune application récente n’avait été enregistrée sur la parcelle étudiée.
Un rappel que certaines molécules peuvent persister longtemps dans les sols agricoles.
Au-delà des pesticides
Cette étude complète d’autres travaux présentés à Expoliva 2025 sur les métaux lourds et les phtalates.
Le message est simple :
- La qualité d’une huile d’olive ne dépend pas uniquement de ses arômes ou de ses composés phénoliques.
- Elle repose aussi sur la maîtrise de la sécurité alimentaire à chaque étape, du verger jusqu’à la bouteille.
Comprendre ces mécanismes fait partie intégrante de la culture de l’huile d’olive !

Note sur l’un des auteurs
Akram Charfi est ingénieur agronome, titulaire d’un Master en Oléiculture et Élaïotechnie de l’Université de Cordoue réalisé en partenariat avec l’Institut des Corps Gras (Instituto de la Grasa) de Séville, et Docteur en chimie des huiles d’olive de l’Université de Jaén (Espagne), où il a obtenu son doctorat avec la mention Outstanding Cum Laude grâce à une bourse du Conseil Oléicole International (COI). Ses travaux de recherche portent sur la qualité et la sécurité alimentaire dans la production des huiles d’olive, notamment la détection de contaminants tels que les métaux lourds, les pesticides, les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), les huiles minérales saturées (MOSH) et aromatiques (MOAH), les phtalates, le 2,3-MCPD et les esters glycidyliques. Il a contribué à plusieurs projets de recherche avec l’Université de Jaén et a participé en tant qu’assistant au cours d’expert en dégustation des huiles d’olive vierges organisé par cette même université. Ses recherches ont été publiées dans plusieurs revues scientifiques internationales et présentées lors de congrès de référence du secteur oléicole. Sur le terrain, il a accompagné plusieurs agriculteurs ainsi que des sociétés de production et d’exportation des huiles d’olive, et fait partie d’un panel de dégustation sensorielle reconnu par le COI. Il exerce actuellement en tant qu’analyste sensoriel et compositeur d’arômes et de parfums dans une entreprise privée à Séville.
Un grand merci pour partager, et corriger ! les différents articles publiés sur jusolive.fr et bientôt lhove.fr

Références
Charfi A., Moya López A.J., Sánchez Villasclaras S. (2026). Pesticide residues in olive oils and food safety. European Food Research and Technology, 252, 229. https://doi.org/10.1007/s00217-026-05127-3
[3/4] EXPOLIVA 2025 : métaux lourds et phtalates
Métaux lourds et phtalates sur la santé
À télécharger : Substances Actives et Comportement dans l’Huile